Asiaddict

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Amis lecteurs, il est temps que je me confesse.

Alors voilà, je possède de graves addictions et cultive d’inavouables péchés. Le pire d’entre tous se décline à l’infini : je suis asiamiste, asiaddict, asiadaire, asiadique, asiamaniaque, asiaobsedee, ivrasiatique, asiamoureuse. Oui, vous avez bien lu ces mots qui rendent fou mon correcteur d’orthographe et qui rougissent ma page.

Zénitude Buddha Thaïlande

Et ça fait presque 15 ans que ça dure. Ça a commencé un soir d’août 2001 dans la plaine centrale Thaïlandaise. Le choc ! Des gens entassés sur des 2 roues. Adultes, enfants, bébés, dos contre ventres, filant sans casque dans la relative fraîcheur nocturne. Des motobikes partout, des lumières partout, du bruit partout. Je venais de découvrir le berceau du mouvement perpétuel. Et j’en étais scotchée d’amusement, de curiosité et d’envie. Envie d’aller plus loin, de découvrir toutes les facettes de ce continent, d’en boire le calice jusqu’à la lie. Le début de mon ivresse asiatique, de ma boulimasie. Cette si douce fureur qui m’a emportée sans crier gare.

Mouvement perpétuelHo Chi Minh Vietnam

De suite, je me suis sentie à l’aise au milieu du tumulte de la rue. Pas du tout effrayée. Juste tellement bien ! Je me suis laissée aller à observer. Et j’ai aimé ce que j’ai vu et vu ce que j’ai aimé. Des bouddhas de pierre au sourire apaisé à l’ombre d’arbres centenaires, de l’encens fumer dans les mains usées par le poids des années, les enseignes lumineuses éclairant des cantines de rue, les barques colorées prêtes à prendre le large, la couleur du ciel et la force du vent en période de mousson, des sourires édentés sur des visages froissés par le labeur, le vert tendre des rizières, des corps endormis sur des cyclopousses, la silhouette au drapé orange des moines, les étals de nourriture à l’odeur entêtante, des échafaudages en bambou, des lanternes rouges, des dragons et…tellement plus encore.

Éveil des sensP1060798

Et comment évoquer l’Asie sans parler cuisine. Je n’avais jamais vraiment soumis mon palais à quelques excentricités, moi la fille des confins du massif central. Alors j’ai laissé ma curiosité croître. Nouilles et riz sautées pour commencer, téméraire mais pas gastrokamikaze la guêpe ! Bouillons, curry, salade de papaye, springrolls, viande bouillie, caramélisée ou laquée, j’ai aimé en souper. Festival de fruits à l’apparence et au nom évocateur : durian, jaquier, ramboutan, fruit du dragon, mangoustan, ou l’eau à la bouche rien que d’en parler.

Durian

Vous l’aurez compris, j’ai complètement craqué. J’ai bien essayé de tourner le dos à cette envie irraisonnée d’y retourner chaque année. Je me suis promis de traverser l’Atlantique, à la conquête de l’ouest, persuadée de ce que je disais devant des amis à l’expression sceptique.

En situation de manque, j’ai replongé encore et toujours plus profond dans les abîmes de ce continent si attachant. Liée à jamais par ce fil invisible qui fait que là-bas, c’est aussi devenu chez moi.

Hoi An Vietnam

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