Key West, à l’extrême Sud de la Floride

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La route des Keys appartient aux routes les plus remarquables du monde. Filet d’asphalte entre ciel et mer, les kilomètres azurs s’étendent au fil des îles. Apercevoir un bout d’océan se mérite. Une heure de patience depuis Miami est nécessaire avant d’observer ce spectacle les yeux dans les bleus.

bahia honda state park

Key West, ultime étape avant Cuba, laisse défiler ses maisons à la blancheur créole sur un plan en damier. Ici, le temps semble s’étirer, s’arrêter, se suspendre. Les rues se succèdent royales : Elizabeth Street, Angela Street, Margaret Street, Washington Street etc..

Loin de l’activité principale de la ville concentrée autour de Duval Street, le calme et la lenteur règnent. Seule une maison paraît attirer l‘attention des touristes qui affluent devant son entrée.

Celle d’Ernest Hemingway dont je franchis le portail avec une émotion particulière. Cet amoureux de la vie, des femmes et des mots à qui je rends hommage à travers ces quelques lignes. Le billet d’entrée dans les mains, on me tend une feuille de papier en français sur l’histoire des lieux. Rien d’ostentatoire, rien de grandiose. Une maison au style art déco et à la superficie mesurée où s’agglutine les foules. Je tente de m’imprégner de l’atmosphère malgré le bruit, malgré l’agitation. Un chat noir se prélasse sur le rebord de la fenêtre de la salle de bains. Deux autres imperturbables occupent le lit sous l’œil jaune des appareils photos. J’imagine l’homme assis sur le balcon circulaire après une matinée de pêche au large un cigare à la bouche. Au-dessus de la piscine, l’atelier du maître attend les visiteurs. Identique à l’époque où Ernest Hemingway écrivait l’Adieu aux armes. D’autres chats à six doigts déambulent dans le jardin, sur les sépultures de leurs aïeux. Un dernier joue les équilibristes sur le rebord de la piscine tandis qu’un guide raconte l’histoire d’une pièce coulée dans le béton. Un penny vestige du deuxième mariage d’un homme plein d’esprit.

La chaleur accablante en ce mois d’août nous pousse vers la plage de Fort Zachary. Moyennant quelques dollars, piétons et véhicules accèdent au parc et à ses aménagements (douches, sanitaires, parking, snack). Cette modeste étendue de sable fait la joie des familles à la recherche d’une fraîcheur relative. Les nageurs les plus aguerris se dirigent vers les rochers où se pressent quelques poissons colorés. C’est la danse des tubas dans une eau troublée par l’arrivée d’un paquebot de croisière.

key west fort zachary baech

Au coucher du soleil, la plage se vide de ses serviettes et de ses seaux. La plupart des gens se dirigent vers Mallory Square où un festival d’animations bat son plein. Cracheur de feu, jongleur, funambule, musicien, tous comblent l’espace et le temps. Et tous n’attendent que lui : the key west sunset. Un coucher du soleil enflammé comme il n’en existe nulle part ailleurs. La communion synchrone d’une foule entièrement dévouée à l’astre flamboyant avant de se disperser dans l’ombre des rues bordées de palmiers.

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