L’appel de l’Inde

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Tout a commencé il y a un an environ avec cette histoire de durcissement d’obtention du visa. Le gouvernement indien avait alors décidé de lancer des oiseaux dans les réacteurs du tourisme français. Par un tour de magie diplomatique, le ciel s’est finalement dégagé au point-même de rendre ces formalités accessibles en ligne. Incredible India !

Puis, il y eut ces innombrables mails des compagnies aériennes avec des offres alléchantes. A croire que toutes convergeaient vers un même point : Delhi ou Bombay. Puis, il y eut ces articles sur des blogs, des journaux ou des webzines qui bousculèrent mon instinct voyageur.

Tel un ex-fumeur qui rêve d’une cigarette, l’Inde est devenue une envie irrépressible, une obsession de chaque instant, un leitmotiv du quotidien. Cinq après mon dernier voyage, l’Inde m’appelait.

Pourtant, mes premiers pas sur le sol de New Delhi en 2009 furent plus chancelants que chantants. Terrassée par des semaines de travail, des heures sans sommeil, un vol interminable avec un enfant et ses 39°C de fièvre (une angine au mois de juillet, ça ne prévient pas), c’est parcourue de sueurs froides et de tremblements que je vécus mes premières heures dans ce pays, ou plutôt dans les toilettes de l’aéroport. Pas de syndrome en vue mais une arrivée chaotique marquée par une erreur de la centrale de réservation de billets. Un atterrissage à Delhi au lieu de Bombay, ville où m’attendait un vol intérieur pour Coimbatore. Il ne me restait plus que 2500 kilomètres à parcourir jusqu’à mon point de chute, une paille pour qui connaît le ratio temps-distance en Inde ! Il y a des signes qui ne trompent pas et ceux-ci me poussaient d’emblée à haïr ce pays, à détester sa population et à reprendre illico un vol pour l’Europe.

Pourtant, après m’être mille fois maudite à cause du choix de cette destination, l’Inde m’est apparue avec toute sa complexité. Dès que je suis parvenue à ôter le voile qui me brouillait la vue, j’ai perçu ses couleurs, ses plaies, son agitation, ses contrastes, son histoire, ses richesses et ses sourires. Plus qu’un voyage, c’est une rencontre soudaine et violente avec l’inconnu. Un électrochoc, un big-bang émotionnel, une incompréhension, une prise de conscience, un coup de poing, un cauchemar pour certains, un rêve pour d’autres.

Et voilà qu’aujourd’hui je me plais à imaginer un troisième rendez-vous avec ce chaos humain, avec ces plats pimentés qui me font voir rouge et ces odeurs qui me rendent verte. L’Inde m’appelle !

Ce pays où j’ai pleuré en arrivant avec l’envie de repartir et où j’ai pleuré en partant avec le désir de revenir. Partagée entre attraction et répulsion, envoûtée mais avant tout vivante. Very incredible India !

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