Itinéraire d’un voyage au Vietnam avec un bébé

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Hoi An avec un bébé

Après la naissance de mon fils, je m’étais accordée quelques mois de congé parental. Un break apprécié après de longues années de travail sous pression. D’emblée, j’ai sauté sur la possibilité de partir en voyage plus longtemps qu’à l’accoutumée. J’avais déjà expérimenté les escapades avec un bébé après la naissance de ma fille alors que je travaillais pour un célèbre voyagiste. Quoi de plus normal que de réitérer l’expérience !

C’est ainsi que nous avons commencé par quatre jours à Madrid, notre fils avait alors 3 mois. Puis, en été, nous avons poussé la poussette canne plus loin : au Maroc et en Asie. Ce voyage au Vietnam avec un bébé, comme celui au Maroc, s’est avéré être une excellente idée. Les familles y sont accueillies avec une bienveillance absente d’autres contrées moins lointaines et pourtant dites civilisées.

Avant de partir en voyage au Vietnam avec un bébé 

bienveillance vietnamienneAvant de se décider à acheter les billets d’avion et à obtenir son visa, il faut garder à l’esprit qu’un voyage avec des enfants n’est pas de tout repos. Qu’ils soient bébés ou plus grands, c’est une vigilance de chaque instant. Si vous êtes d’un naturel stressé, évitez de vous imposer ce genre de voyage. Dites-vous bien que des aléas surviennent toujours et qu’il est impossible de tout maîtriser. Cela peut aller du retard de train à la publicité mensongère de l’hôtel en passant par une blessure minime. D’où l’importance de choisir sa destination avec précaution.

Je savais à quoi m’attendre avant de choisir de partir au Vietnam. Asiaddict depuis longtemps sans aucune intention de me soigner, je rêvais d’explorer ce pays. Mais je refusais d’établir un itinéraire express du Nord au Sud en 12 jours/14 nuits. L’idée d’un voyage au Vietnam avec un bébé s’associait logiquement à mes envies de lenteur.

Quel itinéraire pour un voyage au Vietnam avec un bébé (3 semaines) ?

Ce voyage s’est concentré sur le sud du Vietnam entre Hô-Chi-Minh et Hué. Les ruelles de Hanoï, les moustiques du Delta ou les montagnes de Sapa ne se prêtaient guère aux déambulations de la poussette. Je misais plutôt sur l’exotisme et les sites historiques du Centre du pays. Vingt jours à longer la mer de Chine au rythme des allers et venues des basket boats.

Durée : 21 jours/19 nuits – Compagnie aérienne : Etihad Airways

vietnam travel map

Distance parcourue : 1 200 kms environ – retour de Hué à HCMV avec un vol intérieur.

Des étapes variées

Hô Chi Minh City présente l’intérêt d’être une ville occidentalisée. Trépidante, fatigante, embouteillée certes ! Mais avec des trottoirs praticables et un code de la route (presque) respecté par les véhicules. Ses avenues à rallonge et ses boutiques modernes en font un point d’entrée adapté et rassurant. Un atterrissage en douceur pour les jeunes parents inquiets et les bébés fatigués.

Plage de Muine Vietnam

Mũi Né, première étape les pieds dans l’eau. Même si la mer y est agitée, c’est une halte agréable après l’effervescente Saïgon. La zone est étendue sur plusieurs kilomètres parallèles à la plage et conserve son charme authentique.

Nha Trang, station balnéaire par excellence, accueille principalement les familles russes, chinoises et vietnamiennes. Parc d’attractions, funiculaire, plage immense, sites naturels ou religieux, on ne s’y ennuie jamais. Autant dire qu’il est compliqué d’en percevoir le charme aux premiers buildings venus !  Mais en prenant le large, sur les îles ou aux alentours, on se plaît à y séjourner.

Da Nang, ville de transition entre Hoi An et Hué, attire peu les voyageurs qui lui préfèrent ses voisines. Peu de raisons d’y passer une nuit ou deux en raison de sa proximité avec Hoi An. Le Dragon Bridge et la Montage de Marbre constituent les principaux centres d’intérêt. Cette ville, au dynamisme économique reconnu, s’étire le long d’une plage bordée de resorts haut de gamme.

Hué, cité provinciale au charme paisible, est traversée par la rivière des parfums. La vieille ville abrite la citadelle, considérée comme la cité interdite vietnamienne dans les siècles passés. Dans les environs, les tombeaux des empereurs Nguyen reposent, éparpillés entre collines et rizières. Un coup de cœur sans précédent pour ce berceau de l’histoire et de la culture vietnamienne.

ville de Hoi An

Hoi An est devenue le spot touristique incontournable du Vietnam. Et pour cause ! La ville aux murs jaunes rassemble les atouts qui attirent les voyageurs. Mignonne comme tout avec son centre piétonnier, ses cyclo-pousses, son histoire, son architecture, ses couleurs et ses demeures de commerçants. La destination commence malheureusement à souffrir de son succès et l’affluence y est parfois déroutante.

 

Quels moyens de transport privilégier avec un bébé ? 

Le train : 

J’ai articulé mon itinéraire en fonction des moyens de transports sélectionnés et des zones de paludisme. Pour des raisons évidentes de confort et de sécurité, j’ai privilégié les trajets en train. C’est l’unique raison pour laquelle j’ai intégré une étape à Danang. Ce que j’ai apprécié, c’est surtout le contact facile avec la population qui engageait la conversation. Bébé naviguait de bras en bras à travers tout le wagon, accueilli par des sourires à n’en plus finir. Les secousses étant limitées, c’est aussi plus pratique pour changer la couche, préparer le biberon ou même bercer bébé. De plus, un service de restauration ambulant arpente les wagons aux heures des repas. Donc, même si la vitesse de croisière n’excède pas les 60km/h, le voyage reste très agréable.

Le bus :

Il me semble que les bus demeurent le moyen de transport le plus utilisé par les voyageurs. En effet, ils relient les points touristiques sur l’ensemble du territoire. Il en existe de toute sorte. Je déconseille ceux sans climatisation et aux sièges étroits. Mais comment avoir la garantie du bus emprunté au moment de la réservation ? D’ailleurs, j’en ai fait les frais entre Hué et Danang. La plupart des bus sont réservés aux touristes, souvent des backpackers seuls ou en couple ! Pas vraiment des personnes qui voient arriver les familles avec bébé d’un très bon œil. Les bus confortables sont équipés de trois rangées de couchettes superposées et du wifi. Évidemment, ce n’est pas la meilleure option pour passer bébé d’un siège à l’autre. Surtout que ça bouge quand même beaucoup ! J’ai emprunté ce moyen de transport à l’occasion de mon second voyage au Vietnam quand mon fils était plus grand. Pour un trajet d’une poignée d’heures avec un bébé pendant la sieste, pourquoi pas ? Plus longtemps, c’est du sport !

Les vols intérieurs : 

Afin de limiter les temps de transports, les vols intérieurs constituent une solution à considérer. Fiables, économiques et ponctuelles, plusieurs compagnies se disputent le marché. Vietnam Airlines, la compagnie nationale, VietjetAir ou JetStar les concurrentes, proposent un panel de tarifs et d’horaires divers.

Hébergements et équipements : à quoi s’attendre ?

Les hébergements  et les restaurants au Vietnam

Toutes les gammes d’hôtels et de restaurants sont représentées au Vietnam. Les guesthouses et les hôtels locaux pratiquent des tarifs qui débutent autour de 10€ la nuit.  A ce prix-là, il ne faut pas s’attendre au grand luxe mais on peut trouver des hébergements de bonne facture. Souvent, les chambres disposent de deux lits qu’il faudra partager avec bébé et d’une salle-de-bain avec douche ou baignoire.

Dès qu’on entre dans la gamme supérieure (autour de 25€), on parvient à trouver des hôtels au standing international. Souvent, ils mettent à disposition des lits bébés moyennant (ou pas) un supplément. Du fait du coût de la vie, on peut largement se faire plaisir et s’offrir quelques nuits dans de très beaux établissements…au tarif d’un hôtel Ibis en France. Le nec plus ultra quand on voyage au Vietnam avec un bébé et qu’on a besoin de se reposer.

Personnellement, je choisis mes hôtels de séjour en fonction de leur emplacement et de leur confort. Quand on voyage avec un bébé, on a besoin d’une chambre propre, spacieuse et bien située. J’évite les zones excentrées, ces distances qui rallongent les temps de visite et multiplient les trajets en taxi. Et surtout, j’opte pour un hébergement où je sais que tout le monde va se sentir bien.

restaurant ho chi minh villeQuant aux restaurants, il me paraît difficile de s’attabler avec un bébé dans un stand de rue. Niveau sonore et de pollution maximum dans les grandes villes où les deux-roues p(ét)aradent. Surtout que les cartes des restaurants sont aussi alléchantes que les tarifs pratiqués. N’hésitez pas à vous référer aux recommandations avisées et fiables du Guide du Routard (ou autres) pour choisir.

Nourriture et Hygiène

siège nomade voyage bébéA chaque départ en France ou à l’étranger, je prévois ce que j’appelle un « kit de survie bébé » . C’est-à-dire le nécessaire pour tenir le coup sans réapprovisionnement pendant 2 ou 3 jours. Je place des couches contre la paroi intérieure de ma valise pour gagner de la place et protéger certains objets. Je fais le plein de lait en poudre que je divise dans des boîtes dosettes et que je répartis dans des endroits différents. J’emmène également quelques briquettes de lait déjà prêt. Un bagage égaré, c’est si vite arrivé ! Je prends soin d’apporter un siège nomade en tissu pour asseoir bébé facilement. Même si de nombreux endroits en ont à disposition et que les serveurs adorent prendre bébé dans les bras pour vous laisser manger.

Couches bébé vietnam

Dans les grandes villes, les rayons des supermarchés sont particulièrement fournis en lait infantile. Il existe même du lait en poudre destiné aux femmes enceintes.  J’avais, de mon côté, apporté des sticks de céréales Blédina à mélanger au lait pour les repas du soir. Le riz, les bananes et les yaourts sont autant d’éléments adaptés à l’alimentation d’un bébé en période de diversification. Le plaisir du goût en plus !

Pas de stress, Nestlé (lait) et Pampers (couches) sont des marques présentes aux côtés de leurs homologues locales. Des valeurs sûres qui rassureront les parents les plus inquiets. Besoin d’une tétine neuve ? Les accessoires et petits pots sont également accessibles dans les grands magasins.

A Hô Chi Minh City, j’ai même vu des boutiques spécialisées pour les enfants achalandées à l’occidentale : poussettes, lits bébé, transats, tricycles etc. Comme partout, les classes moyennes émergentes adoptent un mode de vie calqué sur les européens ou les américains. Autant dire que voyager au Vietnam avec un bébé ne présente aucune difficulté concernant l’alimentation et le change.

La Santé

Evidemment, avant le départ,  je passe par la case « pédiatre » afin de parler des vaccinations et de m’équiper d’une trousse à pharmacie préventive. Au programme : des solutions de réhydratation, des sprays anti-moustiques, de la crème solaire, du Doliprane, des strips, des pansements, du désinfectant, un gel hydroalcoolique et tout le toutim. Au Vietnam, les pharmacies s’apparentent à des échoppes qui délivrent des médicaments au compte-cachet ou au compte-gellule. Si elles ont le mérite d’exister, je préfère éviter d’avoir besoin d’y aller.

Il est aussi préférable de sélectionner des vêtements en coton qui absorbent la sueur sans provoquer d’irritation. Dans les transports ou les lieux climatisés, un gilet est indispensable pour supporter les températures polaires.

La chaleur est un paramètre en prendre en considération. Si vous prévoyez de voyager en été avec un bébé, changez immédiatement de destination. Vous souffrirez des températures et ne pourrez pas visiter en dehors des horaires matinaux. Autant dire que vous passerez vos journées dans votre chambre d’hôtel climatisée ou au bord de la piscine.

La population 

Je lis ça et là que la population vietnamienne ne s’intéresserait aux touristes que par intérêt financier. Je n’ai pas ressenti cela pendant ce voyage. Un voyage au Vietnam avec un bébé, c’est ouvrir la porte à la générosité et au sourire. Les vietnamiens sont prévenants et, dès lors qu’on se montre réceptif, on ne finit pas de s’étonner de leur bonté. On s’est vu proposer de l’aide pour monter dans le train avec nos sacs à dos et notre poussette canne. Nous avons été accueillis avec bienveillance partout. Les vietnamiens adorent les bébés qui le leur rendent bien.

voyager au Vietnam avec un bébé

Partir en voyage au Vietnam avec un bébé, c’est possible !

Vous l’aurez compris, à bébé vaillant rien d’impossible. Le Vietnam présente de bonnes conditions sanitaires et des infrastructures aux normes internationales. Si vous avez déjà l’habitude de voyager en individuel et en Asie, vous ne vous sentirez pas déboussolé. A condition de respecter les règles évidentes de bon sens :

  • Vérifier les garanties de son assurance voyage et rapatriement en cas de petits ou de gros pépins
  • Consulter son pédiatre avant le départ pour mettre à jour les vaccinations et prévoir une pharmacie de secours
  • Rester vigilant sur ce que pourrait ingérer bébé sur place et prendre garde aux crudités, glaçons, fruits exotiques et autres douceurs locales
  • Se renseigner sur la saison et les conditions météorologiques
  • Préparer un itinéraire allégé pour récupérer des temps de transport et laisser bébé s’acclimater
  • Sélectionner des transports intérieurs « safety » et confortables (même s’ils coûtent plus chers) pour ménager forme et patience
  • Choisir des hébergements « Baby friendly » avec lits bébé, chaises hautes et services de baby baby-sitting pour voyager zen

Tellement charmés par la population et par la facilité d’un voyage au Vietnam avec un bébé, nous avons réitéré l’expérience l’année suivante. 3 semaines d’un parcours du Nord au Sud incluant Hanoï, la Baie d’Halong et la baie d’Halong terrestre.

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